Eugène Le Roy, l’auteur de Jacquou le Croquant, fut percepteur à Montignac au 19° siècle. De nombreux, sinon la plupart, de ses romans ont pour cadre le Périgord Noir.
Son roman le plus connu est sans nulle doute Jacquou le Croquant qui passa à la postérité grâce au feuilleton TV de Stellio Lorenzi tourné puis diffusé à la fin des années 60.
Celui-ci a pour cadre principal la vallée de la Vézère : le château de l’Herm et surtout le village de Fanlac, celui là même où le curé Bonnal recueille Jacquou devenu orphelin.
Le village de Fanlac se situe à 10 minutes de Montignac – Lascaux. C’est un magnifique village typique du Périgord, très bien fleuri, avec des maisons en pierre et des toits en lauzes. Pendant l’été (jusqu’au 31 août), une bénévole conduit chaque mercredi une visite guidée gratuite du village. Le rendez-vous est fixé à 18h30 devant l’église de Fanlac.
L'église de Rouffignac, le seul bâtiment épargné le 31 mars 1944
Pourquoi le village de Rouffignac présente t’il une architecture si peu périgourdine ?
Le Périgord a conservé de vieilles habitations au charme infini : les solides maisons sont bâties selon un plan simple d’un quadrilatère régulier, la pierre est majoritaire et elles sont coiffées d’un haut toit pentu couvert de tuiles plates brunes. Dans certains villages, les maisons les plus anciennes sont couvertes de lauzes (pierre calcaire extraite des causses tellement lourde qu’elle impose au toit une pente plus importante afin de supporter la charge). Pourtant en Vallée Vézère, un village échappe à cette configuration architecturale : Rouffignac Saint Cernin de Reilhac.
Le 31 mars 1944, le bourg de Rouffignac disparaissait dans l’incendie provoqué par les Nazis, pendant une semaine de répression allemande en Périgord. Les différents mouvements de la Résistance étaient bien implantés en Périgord mais les attaques incessantes des maquisards ont mis le feu aux poudres du côté allemand. Ladivision commandée par le Général Brehmer va rester une semaine en Dordogne semant partout la terreur et la désolation. Les soldats allemands quadrillaient méthodiquement toute la campagne à la recherche des maquisards et quand ils n’en trouvaient pas, ils s’acharnaient sur la population.
Le martyre de Rouffignac
Dès 8h30, les Allemands cernent le village, barrent les routes et disposent un peu partout des armes automatiques, deux officiers demandent le lieu de stationnement du maquis mais comme aucune réponse ne leur est faite, l’ordre est alors donné à tous les habitants du pays de se réunir sur la place. Il est impossible de s’échapper car un cordon de soldats ceinture la place. Un officier parlemente avec le Maire : « Que préférez-vous ? Que je fusille les hommes ou que je brûle tout votre village ? »
Le Maire répond : « On refait des maisons, on ne refait pas des hommes ».
Tout l’après-midi ce fut un triste déménagement dans un climat d’angoisse. Puis les soldats pillèrent le village. Enfin des bombes incendiaires furent lancées dans les maisons qui brûlèrent comme des gerbes de paille.
La fin du cauchemar ?
La population de Rouffignac a traversé des heures d’épouvantes ; les pertes humaines ou matérielles ont été extrêmement lourdes mais le 1er avril, nouvelle apparition des Allemands qui cherchaient toujours les « terroristes » et qui incendièrent à nouveau 20 maisons du bas et du haut bourg (dont le Château de la Falquette) : Rouffignac n’existait plus, seule l’église avait été épargnée.
Rouffignac fut reconstruit selon les règles des années 50. Il en a hérité son architecture originale. C’est resté un village vivant où chaque dimanche un beau marché accueille de nombreux producteurs locaux.
Françoise Gauchez
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